Ingénieur vintage examine voiture sans conducteur ancienne

Histoire et origine de la voiture autonome : qui l’a inventée ?

2 janvier 2026

Aucune technologie automobile n’a connu autant de brevets contestés ni d’affirmations concurrentes sur la paternité de ses concepts clés. Les premiers dispositifs de conduite automatisée apparaissent dès les années 1920, bien avant la numérisation du secteur.

Les archives scientifiques révèlent une succession d’expériences, d’essais publics et d’annonces spectaculaires, souvent oubliés. Des laboratoires universitaires aux géants de l’électronique, chaque étape de ce développement s’est construite sur des rivalités techniques et des promesses parfois exagérées.

La fascination pour la voiture autonome, un rêve ancien devenu réalité

Bien avant que le mot « autonome » ne s’invite dans nos rues, l’idée d’une machine capable de se déplacer sans intervention humaine hantait déjà les ateliers d’inventeurs. Ce n’est pas la révolution numérique qui a soufflé la première étincelle, mais des esprits audacieux ancrés dans l’histoire des sciences. Dès la Renaissance, Francesco di Giorgio Martini s’interroge sur la possibilité d’une voiture à quatre roues sans chevaux, tandis que Léonard de Vinci dessine un chariot mû par des ressorts, une esquisse qui, à elle seule, résume la persévérance humaine à vouloir déléguer la conduite.

Les siècles défilent, mais la soif d’avancer sans guide ne faiblit pas. Au XVIIe siècle, Ferdinand Verbiest, ingénieur jésuite, offre à la cour impériale de Chine un char à vapeur miniature, preuve que l’automobile n’a jamais été une chasse gardée européenne. Roberto Valturio, quant à lui, imagine un chariot à hélices, illustrant la richesse des projets techniques que l’on retrouve dès le Moyen Âge et la Renaissance.

Voici quelques figures marquantes de cette effervescence créative :

  • Francesco di Giorgio Martini : voiture à roues sans chevaux
  • Léonard de Vinci : chariot autonome
  • Ferdinand Verbiest : char à vapeur miniature
  • Roberto Valturio : chariot à hélices

La naissance du véhicule capable de rouler seul n’est donc pas l’œuvre d’un génie isolé. Elle s’appuie sur des générations de prototypes, d’idées couchées sur papier ou réalisées à petite échelle. Ce désir d’autonomie traverse les époques, porté par une ambition persistante : confier la route à la machine et redéfinir la liberté de mouvement.

Qui sont les pionniers et inventeurs de la conduite sans chauffeur ?

L’histoire de la voiture autonome ne saurait se raconter sans mentionner Nicolas-Joseph Cugnot. En 1769, ce Français met au point le Fardier à vapeur, une machine de trois tonnes à trois roues imaginée pour tracter des canons. Ici, l’autonomie consiste à se passer de tout attelage animal, une avancée qui ouvre la voie à une nouvelle génération de véhicules.

De l’autre côté de l’Atlantique, Oliver Evans dépose en 1789 le brevet d’une automobile à vapeur. Plus tard, Richard Trevithick et George Stephenson perfectionnent la motorisation à vapeur, révolutionnant la mobilité terrestre. En 1876, August Otto invente le moteur à quatre temps, un jalon déterminant pour l’industrie automobile, qui s’en empare et la diffuse à grande échelle.

Puis vient Karl Benz. En 1885, il met au point la Benz Patent Motorwagen, première voiture à essence digne de ce nom. Trois ans plus tard, Bertha Benz, sa femme, prouve sur la route la viabilité de l’engin. En France, Edouard Delamare-Deboutteville imagine dès 1883 un prototype de voiture à essence. Peugeot, Serpollet, Mercedes-Benz, et enfin Henry Ford avec la Model T, amplifient le mouvement. La production industrielle bouleverse alors la société, la notion de conduite sans chauffeur quittant le domaine du rêve pour s’affirmer dans le réel.

Des premières expérimentations aux révolutions technologiques majeures

À partir des années 1980, Mercedes-Benz ravive l’intérêt pour la voiture autonome. Le constructeur dote sa Classe S de capteurs et de systèmes d’assistance, renouant avec l’esprit pionnier de la Benz Patent Motorwagen. Ce n’est plus l’aventure d’un solitaire, mais un effort collectif. L’Europe lance le projet PROMETHEUS, rassemblant chercheurs, industriels et informaticiens dans une course au développement de la conduite automatisée.

En Californie, la DARPA secoue l’écosystème : en 2004, le Grand Challenge mobilise universités, start-up et géants du numérique autour d’un objectif inédit, parcourir 240 kilomètres dans le désert sans pilote. Aucun des participants ne parvient au bout, mais l’élan est donné. Rapidement, le LIDAR de Velodyne s’impose comme la référence pour “voir” la route en trois dimensions.

Des universités comme Carnegie Mellon et Stanford deviennent des laboratoires d’avant-garde. Sebastian Thrun, Chris Urmson, Google, puis Waymo : ces noms incarnent la dynamique de la Silicon Valley, où la voiture autonome devient un terrain d’innovation féroce. Intelligence artificielle et puissance de calcul transforment peu à peu la fiction en réalité.

À côté, des profils moins connus comme Pierre Lefèvre développent des navettes sans chauffeur chez Induct puis COAST Autonomous. Anthony Levandowski expérimente une moto autonome, puis fonde Otto, rachetée par Uber. Le secteur bouillonne : start-up, grandes entreprises et chercheurs indépendants se croisent, tous animés par la volonté de réinventer la mobilité.

Jeune femme rechercheuse dans voiture autonome moderne

Vers quel avenir se dirige la mobilité autonome ? Enjeux, défis et perspectives

L’arrivée de la mobilité autonome redistribue les cartes pour l’industrie, la technologie et la société tout entière. Adopter ces véhicules intelligents, c’est bien plus qu’un simple changement d’outil : c’est repenser le lien entre l’humain, la machine, la ville et la route. Pour circuler sans intervention humaine, ces voitures combinent capteurs, caméras, MEMS, puces de traitement et systèmes de commande. Les échanges d’informations s’appuient sur la 5G ou le DSRC, permettant une communication instantanée entre véhicules, infrastructures et serveurs distants.

Le secteur s’organise selon différents niveaux d’automatisation. Un exemple concret : la Tesla Model 3 correspond au niveau 2, où le conducteur doit rester attentif à tout moment. Avec l’Audi A8 et le niveau 3, la gestion de la circulation sur autoroute devient possible sans intervention humaine immédiate, mais la vigilance reste de mise. Waymo, de son côté, vise les niveaux 4 et 5, où le volant et les pédales deviennent superflus, promettant une autonomie complète dans des environnements contrôlés ou même sur l’ensemble du réseau routier.

Trois défis principaux se dessinent pour l’avenir de la voiture autonome :

  • Sûreté et fiabilité : il faut prouver la robustesse des systèmes embarqués face à la complexité de la circulation et aux imprévus météorologiques.
  • Acceptabilité sociale : instaurer une confiance solide, tant chez les usagers que chez les décideurs publics et les assureurs, s’impose comme une étape incontournable.
  • Interopérabilité technologique : garantir que les différents constructeurs, opérateurs et réseaux urbains puissent coopérer sans heurts reste un chantier permanent.

Sur le terrain juridique et éthique, de nombreuses interrogations persistent : à qui incombe la responsabilité en cas d’accident ? Comment gérer la collecte et la sécurité des données ? Les risques de piratage ne sont jamais loin. Tesla, Audi, Waymo et bien d’autres poursuivent leurs essais, qu’il s’agisse de navettes urbaines ou de taxis automatisés. L’innovation avance à toute vitesse, mais trouver l’équilibre entre progrès, sécurité et acceptation sociale demeure le véritable défi. Demain, croiser un véhicule sans conducteur sur l’asphalte ne surprendra plus personne, mais chacune de ces voitures sera le fruit d’un long héritage, de paris techniques et de questions encore ouvertes.

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